Dans
la région Champagne-Ardennes, Reims, sous-préfecture du département
de la Marne, est une ville de 190 000 hts, sur la Vesle, affluent de l'Aisne.
Située au milieu d'un vaste cirque de collines, jadis garnies de
forts, largement ouvert au nord et à l'est. C'est ce qu'on appelle
la cuvette de Reims, dont les rebords sont principalement recouverts de
vignes.En plein cœur de la Champagne, au carrefour des routes entre la
Belgique et la Bourgogne, le bassin parisien et la Lorraine, Reims a joué
de tout temps un rôle important, stratégique et commercial
(foires de Champagne du Moyen Age). La ville possédait de très
nombreux monuments anciens : l'arc de triomphe romain, dit « Porte
de Mars », formé de trois baies, long de 33m et haut de 13,50m
; la vieille église Saint-Rémi, du XIIe siècle, et
surtout sa magnifique cathédrale Notre-Dame, du XIIIe siècle,
aux innombrables sculptures. L'Hôtel de Ville est du XVIIe siècle.
La plupart de ces monuments ont été très endommagés
et mutilés pendant la première guerre mondiale, mais ils
ont été en partie restaurés. La ville elle-même,
presque entièrement détruite par les bombardements a été
intelligemment rebâtie. Reims, jadis « ville de la laine »,
est toujours un centre important de l'industrie textile et possède
aussi des ateliers de constructions mécaniques, électriques,
automobiles, et des usines d'industrie chimiques. C'est en outre un grand
marché du vin de Champagne. Ancienne
métropole de la Gaule-Belgique pendant la domination romaine, sous
le nom de Durocorturum, elle fut la capitale des Remi. Dans une église
qui s'élevait sur l'emplacement de la cathédrale actuelle,
Clovis fut baptisé par l'évêque Saint Remi le jour
de Noël 496, ce qui conféra à cette métropole
religieuse le privilège du sacre des rois de France, et en 1429,
Jeanne d'Arc y conduisit Charles VII.
Pendant la Première Guerre mondiale, les
Allemands occupèrent la ville du 4 au 12 septembre 1914 ; ils l'évacuèrent
à la suite de la bataille de la Marne, mais gardèrent en
leur pouvoir les hauteurs qui la dominent au nord. Ils la soumirent à
d'intenses et fréquents bombardements et essayèrent à
plusieurs reprises, mais sans succès, de s'en emparer.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, c'est à
Reims que la Wehrmacht signa sa capitulation, le 7 mai 1945.
La
plus belle peut-être, la plus chère sans doute au cœur des
Français, qui l'ont vue deux fois meurtrie par les bombardements
ennemis, la cathédrale de Reims, plus qu'un chef-d'œuvre de l'art
gothique, est le lieu où, par tradition, les rois de France recevaient
l'onction sainte, étaient « sacrés », depuis
Clovis.
Elle est aussi la plus « française
» des cathédrales, par sa grâce, sa légèreté,
la liberté d'invention de ses sculpteurs, qui avaient pour devise
celle qu'avait composée Guillaume de Mende :
Toujours le poète et l'artiste auront
le droit d'oser... Trois
maîtres d'œuvre de génie se sont, en effet, succédé
à Reims, et chacun représente une des trois « lignes
de force » de l'art du XIIIe siècle. La Maître des vierges
de l'Annonciation et de la Présentation, c'est la tradition, robuste
et presque paysanne, tenant encore du roman. Le Maître de la Visitation,
c'est l'art qui va demander ses modèles à l'antiquité.
Le Maître des Anges, c'est l'originalité absolue, l'avant-garde.
Anges souriants, malins, futés, aux yeux un peu chinois, déhanchés,
vierges pouffant sous sa cape à la manière d'écolières.
Ici, toute solennité cède à la gaieté propre
à la Champagne, terre des vins pétillants et légers.
La plantation des premières vignes autour
de Reims remonte à l'époque gallo-romaine, mais c'est au
XIVe siècle seulement que l'on se mit à apprécier
les mérites des vins de Champagne, dont la renommée s'accrut
rapidement. François 1er, Charles Quint, Henri VIII, Léon
X voulurent posséder des vignes à Aÿ, l'un des vignobles
fameux, et sous Louis
XIV, la Faculté déclara que le vin de Champagne était
non seulement le meilleur, mais le plus salutaire des vins. Le sang des
Bourguignons ne fit qu'un tour : en 1697, un certain Mathieu Fournier n'hésita
pas à déclarer que les vins de Reims engendraient les fluxions
d'humeur et la goutte. C'était la guerre ouverte, et dans les écoles
de médecine on se posait gravement la question : le vin de Reims
est-il plus agréable et plus salutaire que celui de Bourgogne ?
On en vint aux injures. Chaque camp avait ses poètes et la ville
de Reims récompensa l'un d'eux, Charles Coffin, en lui offrant généreusement
quatre douzaines de bouteilles de vin rouge et gris. Car il faut dire que
le vin de Champagne de ce temps-là n'était pas le vin mousseux
que nous connaissons et dont les secrets de fabrication ne furent découverts
qu'au début du XVIIIe siècle...
Retrouvez le site de REIMS:

|